#Tribune : Comment ma région m’a aidé à financer ma startup


Recycler du marc de café pour faire pousser des pleurotes. C’est l’idée écologique et circulaire d’Arnaud Ulrich et de Grégoire Bleu, fondateurs de la Boîte à Champignons. À l’origine du succès de leur startup, leur passion pour l’agriculture urbaine mais aussi leur grande détermination. La preuve en est des difficultés rencontrées par les deux entrepreneurs, pour qui le soutien de la Région Île-de-France a été crucial dans le développement de leur projet.

Comment l’idée de créer “La Boite à Champignons” vous est-elle venue ?

Nous avons souhaité créer un modèle économique basé sur l’observation des écosystèmes : la nature ne connaît pas le déchet car grâce à la biodiversité, elle transforme tout en ressource. Moins il y a de ressources disponibles, plus la biodiversité se développe pour valoriser chaque parcelle de lumière ou de nourriture. C’est ce que nous tentons humblement de faire, en réintroduisant le champignon dans la ville.

Comment s’est déroulé votre passage à grande échelle ?

Du sang, de la sueur, et des larmes ! Plus sérieusement, nous sommes passés plusieurs fois d’un extrême enthousiasme : devant la qualité des pleurotes et le plaisir des chefs à les cuisiner, devant le potentiel d’emplois et l’incroyable potentiel agronomique de nos déchets de culture ; à une grande angoisse : en perdant un container entier de substrat de pleurotes à cause d’une infection. On a cru plusieurs fois qu’on y arriverait pas, et à chaque fois on a eu une aide extérieure, au nombre desquelles l’aide de la région Île-de-France, qui nous a permis de financer notre changement d’échelle et de recruter des experts. On a pu progressivement passer de quelques kilos de pleurotes produits par semaine à plusieurs centaines de kilos aujourd’hui.

Quelles sont les difficultés que vous avez pu rencontrer ?

Pour comprendre nos difficultés, on peut faire le parallèle avec l’élevage de poissons. Bien s’occuper d’un poisson rouge, c’est facile. Pour prendre soin de 10 poissons, il faut déjà s’intéresser davantage à la qualité de l’eau et à leur alimentation ; pour élever 1000 poissons, il faut commencer à maîtriser tous les paramètres. À la Boîte à Champignons, c’est un peu comme si on essayait d’élever beaucoup de poissons, en les nourrissant avec des déchets, et à partir d’eau de récupération. On doit gérer à la fois l’instabilité de nos matières premières et la vulnérabilité de nos pleurotes quand elles sont élevées en grand volume.

Pourquoi vous-êtes vous tournés vers la Région Île-de-France ?

Nous avons appris par la BPI que la Région Île-de-France pouvait soutenir le changement d’échelle de projets franciliens via le dispositif PM’up. Nous avons simplement lu les critères attendus et estimé qu’on correspondait bien aux attentes : projet régional, fortes retombées sur l’emploi, impacts environnementaux très positifs. On a donc décidé de tenter notre chance.

La Région a permis de financer une partie de notre nouveau site de production. Nous sommes passés d’une ferme de 4 containers à un atelier de 1000m2, avec notamment des équipements de gestion de climat de pointe qui ont permis de stabiliser la production et de multiplier par 4 nos volumes. Disposer d’un soutien financier est un énorme plus pour les finances, mais aussi pour la crédibilité du projet.

Quelles sont les bonnes questions à se poser au moment de faire financer son projet ?

Je dirais qu’il est tout d’abord nécessaire de bien comprendre ce que les financeurs peuvent et veulent financer, pour être sûr de ne pas perdre son temps. Le principal risque est de perdre son temps et son énergie pour rien. Pour les subventions, il est essentiel de prendre rapidement contact avec les gestionnaires de la subvention pour être sûr qu’on est vraiment éligible et que le projet correspond aux attentes. Il faut accepter de passer du temps à décrypter les attentes de chaque appel à projet, pour bien sélectionner ses dossiers.

Ensuite, il faut savoir proposer des projets simples et facilement compréhensibles pour rassurer les interlocuteurs. Avec notre démarche d’économie circulaire, on a parfois eu le tort de noyer nos partenaires sous les informations et les interactions, avec le risque qu’on nous dise « c’est super comme projet, mais je crois que je n’ai pas tout compris ».

Quel regard portez-vous sur le financement des startups aujourd’hui dans l’écosystème français ?

Avec Arnaud, nous sommes surpris de voir la différence entre le regard un peu dur sur les administrations et la qualité de nos interlocuteurs. Pour ce que nous en avons expérimentés, que cela soit à la Région Île-de-France ou au sein de ses organismes associés (Cervia et Paris Région Entreprise dans notre cas), à la BPI ou dans les CCI ; on a en face de nous des professionnels impliqués, disponibles, enthousiastes, qui se battent pour nous aider. On a beaucoup de savoir-faire et d’accompagnement pour lancer des projets en France.

Il existe un écosystème assez fort et complet en Île-de-France, avec des savoir-faire assez larges : financement, industrie, marketing, web, recherche et même agro ! Pour des petites entreprises hybrides comme La Boîte à Champignons, c’est très précieux d’avoir toutes ses composantes a proximité. 100% des aides que nous avons obtenues sont des aides régionales ou nous ont été attribuées directement par les bureaux régionaux.

Maddyness, partenaire média de la Région Île-de-France

https://www.maddyness.com/finance/2018/01/12/tribune-region-aide-a-financer-startup/ est un article de https://www.maddyness.com



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