En miroir à l’étude de la WIF

Etude: Diversité entrepreneuriale et stéréotypes de genre by Women Initiative Foundation avec la collaboration CEDE- ESSEC

Extraits de l’étude d’André Letowski en miroir à l’étude de la @Women Initiative Foundation à laquelle j’ai pu collaboré.


 

TPE, PME, ETI, des tailles insuffisantes comparées à celles de l’UE

Les entreprises par taille : en 2014, si la France comptait 50% d’entreprises employant de 1 à 9 salariés de plus que l’Allemagne (2 991 860 contre 2 074 830), elle en comptait 3 fois moins au-delà de dix salariés : 73 254 contre 229 590 pour les 10-19 salariés (3,1 fois moins), 45 700 vs 113 213 dans la tranche des 20-49 salariés (2,5 fois moins), 19 254 vs 55 981 dans la tranche des 50-249 salariés (2,9 fois moins), 4 154 vs 11 046 dans la tranche des 250 salariés et plus (2,7 fois moins). Au regard de nos voisins, la France compte moins d’ETI : 5 300 contre 8 000 en Italie ou en Espagne, 10 500 en Grande-Bretagne et 12 500 en Allemagne.

Comparé aux autres pays d’Europe, les entreprises françaises à forte croissance sont peu nombreuses. Selon une étude de la Commission européenne d’avril 2018, on comptait, en 2016, 180 000 entreprises de cette catégorie contre 158 000 en 2015 (+ 13%) et 144 000 en 2014 (+ 7%), et employaient environ 15 millions de personnes dans l’Union européenne. Les entreprises à forte croissance ne représentaient que 8,5% des entreprises du secteur marchand en France (pour une moyenne européenne de 9,9%), soit la 19ème place sur 24 économies étudiées en 2015. En valeur absolue de ces entreprises à forte croissance, la France, bien qu’occupant la 4ème place avec 17 000 entreprises, comme l’Espagne, reste encore loin de l’Allemagne (37 662 entreprises) et de la Grande-Bretagne (26 000) mais devance l’Italie (15 000).

En 2017, l’Europe compte 57 licornes, dont 3 françaises, mais 41% des licornes dans le monde sont américaines, et 37% chinoises. Le Royaume-Uni compte 22 licornes, suivi par la Suède (7) et l’Allemagne (7). La France reste à 3 (Blablacar, Criteo et Vente-privée). Contrairement aux économies britanniques et allemandes, la France n’a engendré aucune nouvelle licorne en 2017.

Néanmoins, malgré cette accélération notable, l’Europe reste à la traîne. En effet, l’an dernier, 30 nouvelles licornes ont vu le jour en Asie, et 37 aux États-Unis mais seulement 9 en Europe. Au-delà, et très loin du monde des PME-ETI, une licorne qui réussit se transforme en titan lorsqu’elle est valorisée à plus de 50Md$. Comme, parmi ces 57 licornes européennes, seules trois dépassent les 10Md$ de valorisation, les entreprises européennes sont donc encore loin de pouvoir créer leur premier « titan ».

La France manque de réussites entrepreneuriales récentes : sur les 100 premières entreprises françaises, une seule avait moins de 30 ans (Free) en 2014. Sur les 100 premières européennes, elles étaient 9. Sur les 100 premières américaines, elles étaient 63.

⇒ Les seuils d’entreprise

La France compte aujourd’hui 2,4 fois plus d’entreprises de 49 que de 51 salariés; le franchissement du seuil de 50 salariés déclenche 35 obligations administratives et financières supplémentaires et un coût estimé à 4% de la masse salariale.

Au fil des années, l’enrichissement du cadre législatif a fait apparaître des effets de seuil, incitant les employeurs à limiter la croissance de leur entreprise ou à contourner la réglementation, en créant par exemple des structures indépendantes, pour ne pas dépasser 10, 20 ou 50 salariés. La probabilité de croissance de l’emploi diminue à mesure que les entreprises approchent ce niveau d’effectif.

L’approche par le cycle de vie des entreprises fait apparaître deux segments de tailles sensibles pour les PME : le seuil de 50 et celui de 250 salariés. En effet, les moyennes entreprises subissent une double contrainte. Une fois le seuil de 50 salariés franchi, le rythme de création d’emplois des moyennes entreprises ralentit alors que chaque point de croissance en taille requiert un sacrifice en EBITDA tout aussi grand que pour les entreprises plus petites. Ce n’est que lorsque l’entreprise franchit le seuil des 250 salariés que la croissance en effectifs est moitié moins coûteuse en EBITDA.

Il y a 1,8 fois plus d’entreprises de 48 et 49 salariés en France qu’en Allemagne…

cherchez l’erreur – effets de seuil a nuancer !