A qui ca parel ca ?

Bravo pour cet article clair qui remet les pendules a l’heure de la realite des Startuppeurs galériens qui malgre courage, travail, inventivite, et frugalite cessent a un moment leur projet parce que ca coince … J’en aide plusieurs et meme si c’est pas ideal leur conseille de se trouver un job a temps partiel (si ils y arrivent) pour tenir le Temps que le projet monte.
C’est dur et quand on lit chaque jour des levées de fonds mirobolantes quasi choquantes par rapport aux besoins réels des startups on se demande pourquoi l’argent ne peut être reparti un peu plus sur la phase d’AMORCAGE

Cet article a initialement été publié sur Medium

Je vais commencer cet article en posant une question simple : comment survivre lorsqu’on crée une entreprise à 21 ans sans grands revenus ni grandes économies ?

Je m’appelle Maui et j’ai 21 ans. Je baigne dans l’entrepreneuriat depuis mes 17 ans et après plusieurs projets avortés, il semblait naturel que je sorte enfin quelque chose de concret ! Après un CAP, un bac pro ébénisterie, un BTS négociation relation client et enfin une licence pro Création et reprise d’entreprise passée en alternance dans une entreprise innovante du secteur médical, voilà un an et demi que je travaille sur un projet qui se transforme aujourd’hui en création d’entreprise. Une application de rencontres qui sera disponible sur iOS et Android officiellement début avril. Nous sommes deux et suivis par une pépinière d’entreprises innovantes.

En juillet 2017 je me suis mis exprès au chômage pour pouvoir travailler à temps plein sur l’application. Mais comme tout projet, mon associé et moi avons dû faire face à quelques difficultés techniques, personnelles et temporelles et donc reporter la bêta avec la phase de test puis le lancement final de l’appli. N’ayant travaillé que 8 mois en alternance (le temps qu’a duré ma licence), l‘État ne m’a donc logiquement accordé que 8 mois d’allocations. Mon chômage se termine en juin et nous sortons l’application en avril. Même si nous avons déjà un business model cohérent, soyons réalistes, nous n’allons pas monétiser l’appli (achats in-app) tant que nous n’aurons pas atteint un seuil d’utilisateurs actifs permettant de valider l’idée auprès d’une communauté. Et j’ai réalisé que, 2 mois, ça allait faire court…

Des aides nombreuses mais hors d’atteinte

Je me suis donc logiquement tourné vers les différentes aides possibles (pour ma situation personnelle et non la création d’entreprise) qui, avouons-le, sont nombreuses en France :

  • RSA Jeunes : je ne suis pas éligible. Avec “seulement” 8 mois d’alternance au compteur, impossible d’y prétendre…
  • ARE (Aide au retour à l’emploi) : j’en bénéficie, ce sont mes allocations chômage. Montant du jackpot ? 435 euros par mois.
  • ARPE (Aide à la recherche d’un premier emploi) : étant fraîchement diplômé et à la recherche d’un premier emploi, je suis éligible et j’attends encore la validation de mon dossier. L’ARPE est versée pendant une durée maximale de 4 mois et s’élève à 200 euros pour les personnes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement scolaire à finalité professionnelle, 300 euros pour les personnes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur à finalité professionnelle par la voie de l’apprentissage ou l’équivalent du montant de la bourse sur critères sociaux perçue lors de la dernière année d’études (entre 100 et 555 euros) pour les personnes ayant obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur à finalité professionnelle sous statut d’étudiant. Ça ne me sauverait pas mais ça me permettrait de survivre (vous comprendrez pourquoi plus bas) 4 mois après la fin de mes allocations chômage.
  • La CAF (Allocations logement) : comme la majorité des jeunes, j’en bénéficie déjà.
  • Fonds départemental d’aide aux jeunes en difficultés : n’étant ni en situation de rupture familiale, ni salarié, je n’y suis pas éligible.
  • La prime d’activité : j’en bénéficie également (à peu près 100 euros par mois).
  • La couverture maladie universelle complémentaire : mon dossier est en cours d’étude.
En résumé, mes dépenses mensuelles s’élèvent à 650 euros :
  • Loyer : 300 euros
  • Eau/Electricité/Courses/Essence/Assurances/Internet/Téléphone : 350 euros (sans compter les frais liés à la création de la société)

Et mes revenus à… 635 euros :

  • Allocations chômage : 435 euros
  • CAF/Prime d’activité : 200 euros

Ce qui veut dire que je dois plus que je ne dépense… mais, pour être honnête, mes parents me payent mon loyer pour m’aider. J’ai la chance d’avoir des parents qui peuvent m’aider financièrement et, surtout, qui croient en mon projet et mes capacités. Avec cette aide parentale, il me reste donc 285 euros pour pouvoir payer les quelques frais de création de la société. J’ai également la chance d’avoir un réseau professionnel et donc des bons contacts qui croient en mon projet et me donnent des coups de main pour presque rien (comme mon comptable !).

Entrepreneur mais galérien

Mais, et c’est là que ça se corse, la “vraie vie” me rattrapera bientôt. Mes parents arrêteront de m’aider en juin prochain car ils ont déjà fait beaucoup pour moi et ont eux aussi des projets. Or, à ce moment-là, je ne toucherai plus non plus le chômage. J’aurai donc 650 euros de frais pour seulement 450 euros de revenus (prime d’activité + CAF).

Deux solutions s’offrent donc à moi :

  • être à la rue (mais je suis chef d’entreprise !)
  • Me bouger deux fois plus et trouver un travail (quitte à le lâcher 6 mois plus tard si mon appli cartonne).
    Cette solution serait idéale au niveau financier mais si on sort une appli et que je n’ai pas vraiment le temps de faire une bonne communication, tout le travail fourni n’aura servi à rien. C’est aussi idiot dans le sens où, en allant travailler, je donnerai moins de chance à mon entreprise d’aller au plus haut alors que je travaille dessus à fond depuis plus d’un an et demi.

Cet article n’a pas pour but d’attirer de la pitié ou de la compassion, loin de là. Je ne suis pas également en train de me plaindre car j’ai conscience qu’en France, nous avons beaucoup d’aides qui peuvent nous permettre de nous en sortir et nous sommes chanceux de pouvoir en bénéficier.

Je me “moque” simplement de ma situation un peu farfelue car je ne rentre dans aucun des critères pour être éligible à la plupart des aides (personnelles) qui pourraient me permettre de donner un maximum de chances à mon entreprise. Nous allons obtenir des subventions pour la communication (et exclusivement pour la com) à hauteur de quelques dizaines de milliers d’euros. Donc on a vraiment tous les ingrédients pour réussir. Sauf qu’il y a une seule chose qu’on ne peut pas acheter et qui aujourd’hui me serait bien utile : le temps.

En ce moment on met les réussites entrepreneuriales en avant mais, avant d’y arriver, il y a un long (très long même) parcours du combattant parfois. Des doutes, du stress, des peurs, des joies ou des pleurs. Si vous hésitez à vous lancer, soyez simplement conscient de cela : vivre ses rêves a un coût.

https://www.maddyness.com/entrepreneurs/2018/03/09/maddyrex-vraie-vie/ est un article de https://www.maddyness.com

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Viviane De Beaufort

Docteure en Droit, professeure titulaire à l’ESSEC Business School, Chaire Jean Monnet, Co-directrice du cursus DROIT et du Centre Européen de Droit et d’Economie, Experte auprès de l’Union Européenne. Adviser ou administratrice deThink tanks et réseaux pro féminins. fondatrice des Women programmes et du club Génération #Startuppeuse. Auteur de nombreuses publications et articles. Active sur les RSS, webmaster de groupes linked in et de 2 blogs. Engagée pour la #RSE et le #DD. associée de @Voyagir. Chevalier de l’Ordre du Mérite et de la Légion d'Honneur. En un mot ENGAGEE!

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