Investisseurs, écrivez-nous ! réclament les entreprises lors du Positive Investors Forum


Le dialogue investisseurs-enteprises est un levier de création durable, déclarent les entreprises lors du Positive Investors Forum organisé par Novethic ce 6 novembre. Un cri du cœur qui vient à la fois des directeurs développement durable mais aussi des directeurs financiers les plus engagés. Aujourd’hui pourtant, les investisseurs classiques ne sont pas suffisamment au rendez-vous, déplorent-ils

Investisseurs, prenez votre plume et posez des questions portant sur les problématiques environnementales, sociales et de gouvernance aux entreprises…

Ce sont elles qui le demandent ! « Chez Solvay, nous avons énormément travaillé sur la transparence, avec des reporting extrêmement complets tant sur les questions financières, qu’extra-financières. Or, je suis surpris du silence que cela suscite », lance Karim Hajjar, directeur financier de Solvay, lors du Positive Investors Forum organisé par Novethic ce 6 novembre.

« En cinq ans, nous avons eu seulement deux lettres d’investisseurs nous posant des questions ESG (environnement, social et gouvernance). C’est ridicule ! Nous voulons des cinquantaines de lettres », ajoute-t-il face à une salle convaincue du rôle de ces partenaires pour créer de la valeur.

Le directeur délégué de Valéo, également en charge du développement durable, ne dit pas autre chose : « Nous aussi, on vous le demande, écrivez-nous ! », renchérit-il. « Un certain nombre de fonds souverains, souvent ceux des pays nordiques, sont positivement obsédés par ces questions. Mais nous aimerions que les investisseurs classiques nous challengent également sur ces thématiques dans les roadshows », assure-t-il.

Un fossé qui se réduit

Un vœu pieux ? Les choses sont en train de bouger reconnaissent-ils. Un peu plus tôt dans la matinée, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, affirmait avoir passé une heure sur la façon dont le groupe répond aux questions ESG avec son conseil d’administration, sous la pression des demandes des investisseurs.

« Je constate, depuis assez peu de temps il faut le reconnaître, que le fossé entre la gestion ISR (investissement socialement responsable) et mainstream se resserre un peu à la faveur de la prise en compte du risque climat », assure de son côté Laurence Pessez, directrice du développement durable de BNP Paribas.

Si les législations comme celles découlant de l’article 173 de la loi de transition énergétique ou les recommandations de la TCDF (Task force on climate related Financial disclosure), les nouveaux produits financiers durables comme les green bonds ou les positive incentive loans (bonus/malus sur les crédits en fonction des critères ESG) permettent aussi d’intensifier positivement le dialogue.

Béatrice Héraud @beatriceheraud

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