De l’AVENIR des RESEAUX FEMININS – Opinion



Je réagis après l’interview : « Il faut que les réseaux féminins travaillent ensemble » réalisé par MARION KINDERMANS , le 05/02

Juste quelques lignes “grain de sel pour étayer le propos: bien sûr que les réseaux féminins on une raison d’être, historique (on voulait pas des femmes dans les CLUBS cigare et sociétale (les femmes avaient/ont besoin de se retrouver entre elles pour  partager, dire les choses ;  c’est ce que j’ai réalisé tard, lors du  1er @Womens Forum en 2007. De nombreux réseaux se sont développés avec des objectifs divers, des méthodes diverses, des modes de gouvernance divers – voir le Guide “500 réseaux de femmes pour booster sa carrière” , https://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782212567786/500-reseaux-de-femmesd’ EMMANUELLE GAGLIARDI. Aujourd’hui ils sont tous plus ou moins confrontés au défi du renouvellement démographique, de la mixité et doivent davantage s’ouvrir et travailler ensemble afin de délivrer une nouvelle valeur ajoutée mais aussi peser ensemble (l’influence n’existe que collective). Certains semblent réussir, cette nécessaire évolution, d’autres ont parfaitement trouvé leur équilibre, de nouveaux se créent souvent initiés par la #GENY comme @Wondemeurfs.

Iniative à saluer au delà des constructions de fédérations d’associations parfois lourdes a mener, un collectif tout nouveau, qui j’espère fera parler de lui bientôt qui associe modalités souples de fonctionnement, interfaces entre des réseaux vraiment très divers, et jeu collectif à 25 (pour le moment du moins ) pour des actions de lobbying – Women Empowerment @ESSEC en est et j’en suis fort heureuse ayant déja des axes de collaobration avec 19 des 24 autres. Le nom en sera bientôt diffusé!


  1. En quoi les réseaux de femmes diffèrent-ils de ceux des hommes ?

Ce sont davantage des réseaux d’accompagnement que des lieux où on fait du business. On y partage des expériences, la parole se libère. Si les réseaux de femmes se sont créés, c’est parce qu’elles ressentaient le besoin d’un fonctionnement différent des réseaux d’hommes. La plupart d’entre elles appartiennent aussi à des réseaux mixtes sectoriels ou non, mais elles ont eu le besoin de se retrouver entre elles. Les premiers réseaux féminins ont une quinzaine d’années. Ce sont des réseaux généralistes de femmes exerçant une activité professionnelle, comme PWN ou Féminin Pluriel. Ont émergé aussi les réseaux internes aux grosses entreprises, comme RiiSE d’AccorHotels ou MixCity de BNP Paribas. Il y a aussi ceux qui se sont montés en 2012 pour promouvoir les femmes au sein des conseils d’administration, comme la Fédération des femmes administrateurs.

2. La multiplication de ces réseaux est-elle toujours d’actualité ?

Les premiers réseaux ont été constitués par des femmes dont la carrière était confirmée. Mais, aujourd’hui, une nouvelle demande apparaît. Depuis quelques années, on voit des réseaux plus ciblés sur l’entrepreneuriat au féminin, comme FCE. Les femmes souhaitent de plus en plus créer leur entreprise. 40 % des jeunes diplômées se projettent dans la création de start-up. Mais la pérennité de ces jeunes pousses est compliquée.


3. Peut-on dire qu’on y traite de problématiques spécifiques ?

Oui, car au moins deux problématiques propres aux femmes demeurent au sein du milieu entrepreneurial. La première est le rapport au risque. Les femmes sont ambitieuses, mais elles ont des freins et ratent ainsi des opportunités. C’est pourquoi les réseaux sont efficaces, car ils leur permettent de dépasser cela. Ce que j’évoque est très latin, je ne l’ai pas autant vu dans l’univers féminin anglo-saxon. Ensuite, il y a, je trouve, une problématique qui se pose dans leur rapport à l’argent. Elles ont du mal à valoriser au juste niveau les biens ou les services que vend leur entreprise. Cela se retrouve aussi dans leur façon de négocier leur salaire. Les femmes entrepreneurs par exemple se paient moins que leurs homologues masculins. Enfin, il faut souligner que ces réseaux sont essentiels dans le lobbying pour faire avancer la cause des femmes.


4. N’y a-t-il pas une limite à ces réseaux exclusivement féminins, le risque de l’entre-soi ?

Ils font face à plusieurs écueils aujourd’hui et ont du mal à se renouveler, y compris dans leur gouvernance. Certains tombent dans l’écueil des clubs d’hommes, celui de créer des règles trop strictes et lourdes. Ils n’offrent pas de place aux plus jeunes. C’est pour cela que, depuis deux-trois ans, la jeune génération des 25-35 ans, la génération Y, a monté ses propres réseaux, comme Wondermeufs ou le club Gen #Startuppeuse, que j’ai créé. Parmi les rares anciens à évoluer, il y a le réseau des avocates Femmes AAA+, qui propose du mentoring aux plus jeunes, ou le réseau BPW, qui a créé BPW Young.

Que doivent-ils faire pour se pérenniser ?

Il faut prendre le virage du numérique. Faire des événements ou des rencontres dans des lieux physiques ne suffit pas, il faut utiliser les réseaux virtuels, créer des communautés sur LinkedIn ou Instagram. Mais la question majeure qui se pose est celle de l’ouverture à la mixité. Les réseaux internes réussissent à le faire, comme Riise. PWN essaie depuis un moment mais c’est compliqué. Les hommes n’y viennent pas facilement. Il faut aussi encourager tous ces réseaux éparpillés à travailler ensemble. Depuis un an, nous travaillons à créer un collectif de 25 réseaux de femmes, avec un événement commun annuel. Sinon, le risque est que tous ces réseaux se fassent concurrence.

Viviane de Beaufort, professeure à l’Essec, directrice des programmes Women-Essec et fondatrice du Club Génération #Startuppeuse.