L’étude entrepreneuriale réalisée par la Fondation WIF en partenariat avec BNP Paribas Wealth Management, et le support du CEDE-ESSEC, a été menée au sein de trois pays européens : la France, l’Allemagne et l’Italie. Nous avons donc souhaité en savoir davantage sur Viviane de Beaufort, professeure à l’ESSEC, qui a fortement contribué à ce projet.

Quel est votre parcours ?
Passionnée par l’Europe, j’ai débuté ma carrière à Bruxelles où, après plusieurs expériences, j’y ai trouvé ma vocation ; celle de l’enseignement et de la recherche. Après avoir passé un doctorat en droit pour embrasser une carrière de professeure, l’ESSEC m’a repérée à l’université et m’a proposé un poste de professeure chercheuse axé sur le lobbying et le droit des affaires européen. J’ai par la suite co-fondé le Centre Européen de Droit et d’Economie (CEDE) de l’ESSEC. À la suite du Women’s Forum en 2008, j’ajoute une nouvelle corde à mon arc ; celle de la mixité professionnelle et de l’entrepreneuriat au féminin. Je fonde alors les programmes WOMEN-ESSEC Executive et le club Génération Startuppeuse.
Quelles sont les raisons qui vous ont motivée à co-diriger cette étude avec la Women Initiative Foundation ? 
Objectivement, il me parait crucial de faire un état des lieux quantitatif et qualitatif pour mieux comprendre ce qui se passe dans la tête des entrepreneur/es ; on ne peut pas élaborer de politiques publiques ou d’actions collectives efficaces sans avoir renseigné un certain nombre de données sur lesquelles s’appuyer.
De manière plus subjective, cela a été un honneur de pouvoir apporter mon regard et mon expertise après toutes ces années passées à travailler sur la question de l’entrepreneuriat au féminin. Martine Liautaud est une femme que je respecte infiniment et le succès de son programme de mentoring est impressionnant. De plus, pouvoir travailler de pair avec Annie Combelles sur ce projet ambitieux fut un exercice passionnant.
Par votre rôle, vous avez pu analyser de près les résultats. D’un point de vue personnel, qu’en tirez-vous ? 
J’en ai tiré à la fois des confirmations et des surprises. Concernant les stéréotypes, les données recueillies confirment ce que j’ai pu moi-même constater en mentorant des entrepreneures dans le cadre du programme AEF-ESSEC – que j’ai depuis remplacé par le Club Génération #Startuppeuse. Les résultats confirment également l’importance du contexte socio-culturel-économique sur l’entrepreneuriat. En Italie par exemple, on observe une réelle ouverture à l’international et un tissu familial solide. En France, nous avons beaucoup à faire sur le rapport à l’argent et aux financements des entrepreneures, ainsi que sur l’ouverture à l’international dès le début d’un projet.

Asma Fendri